Une fois le PER choisi, une seconde question se pose : quel raccord ? Deux grandes familles s'affrontent, le sertissage et le glissement, chacune avec son outillage, ses partisans et son terrain de jeu. L'un serre une bague métallique sur le tube, l'autre glisse une bague par emmanchement à force. Fiabilité en encastré, coût de l'outillage, facilité de mise en œuvre : les critères diffèrent selon qu'on équipe une maison entière ou qu'on répare un tronçon. Comprendre ce qui distingue vraiment ces deux systèmes évite bien des hésitations en rayon.
Le PER à sertir serre une bague inox sur le tube à la pince, économique mais avec risque d'oubli de sertissage. Le PER à glissement emmanche une bague par force et offre une fiabilité reconnue en encastré. Les deux s'encastrent ; le glissement rassure davantage en zone non visitable, au prix d'un outillage souvent plus onéreux.
Les causes possibles
1Le sertissage serre une bague sur le tube
Le raccord à sertir enfile une bague inox sur le tube, qu'une pince vient écraser sur le corps du raccord pour créer l'étanchéité. Rapide et économique en outillage d'entrée de gamme, il a un talon d'Achille : un sertissage oublié ou mal fait ne se voit pas toujours et fuit sous pression. Le contrôle visuel de chaque sertissage est impératif.
2Le glissement emmanche une bague à force
Le raccord à glissement dilate le tube, engage le raccord puis fait glisser une bague par-dessus à la pince, comprimant durablement l'assemblage. Sans joint torique, il est reconnu très fiable et prisé en encastré. Son outillage, pince à glisser et parfois expandeur, coûte souvent plus cher, mais la jonction obtenue inspire une grande confiance en zone non visitable.
3L'encastrabilité rassure davantage côté glissement
Les deux systèmes sont admis en encastré avec des raccords homologués, mais le glissement, sans joint et par déformation mécanique, jouit d'une réputation de fiabilité qui rassure pour les jonctions noyées. Le sertissage encastré exige une rigueur absolue sur chaque sertissage. Pour une zone non visitable critique, beaucoup de professionnels penchent pour le glissement, quitte à investir dans l'outillage.
4L'outillage pèse dans le choix économique
Une pince à sertir d'entrée de gamme est plus abordable qu'un kit à glissement complet. Pour un petit chantier ou une réparation ponctuelle, le sertir séduit par son coût d'accès. Pour équiper une maison entière où la fiabilité prime, l'investissement dans le glissement s'amortit et se justifie. Le choix mêle donc budget d'outillage, ampleur du chantier et exigence de fiabilité.
Outils et matériel à prévoir
- Pince à sertir (système à sertir)
- Pince à glisser et expandeur (système à glissement)
- Coupe-tube PER
- Raccords à sertir ou à glissement homologués
- Calibreur d'extrémité
- Mètre et crayon
- Colliers de fixation
- Chiffons de contrôle
Combien ça coûte ?
Une pince à sertir d'entrée de gamme démarre autour de 50 à 150 €, un kit à glissement plutôt 100 à 300 €, expandeur compris. Les raccords à sertir coûtent 1 à 4 € l'unité, ceux à glissement 1,50 à 5 €. Pour une réparation ponctuelle, le sertir revient moins cher à l'achat ; pour équiper une maison, l'écart d'outillage s'amortit vite sur le nombre de raccords.
Quand faire appel à un plombier ?
Pour un petit chantier, le choix se fait surtout selon l'outillage dont vous disposez ou pouvez louer. Consultez un plombier pour les jonctions encastrées critiques, où la fiabilité prime, ou si vous hésitez à investir dans un système coûteux pour un usage ponctuel. Le professionnel, souvent équipé en glissement, garantit des raccords conformes et durables en zone non visitable, et saura vous dire quel système convient vraiment à votre projet.
Éviter que ça recommence
En sertissage, contrôlez visuellement chaque raccord pour ne jamais oublier un sertissage, cause de fuite fréquente. En glissement, vérifiez l'enfoncement complet du tube et de la bague. Dans les deux cas, n'encastrez que des raccords homologués et testez longuement sous pression avant de reboucher. Un raccord PER bien fait ne bouge plus pendant des décennies.
Vos questions, nos réponses
PER à sertir ou à glissement, lequel est le plus fiable ?
Les deux sont fiables bien réalisés. Le glissement, sans joint et par déformation mécanique, jouit d'une réputation supérieure en encastré et rassure pour les jonctions noyées. Le sertissage est tout aussi sûr, à condition de ne jamais oublier un sertissage, défaut invisible qui fuit sous pression. Le contrôle visuel y est impératif.
Le système à glissement est-il plus cher ?
À l'outillage, oui : un kit à glissement avec expandeur coûte souvent plus qu'une pince à sertir d'entrée de gamme. Les raccords sont légèrement plus chers aussi. Mais sur un grand chantier, cet investissement s'amortit et la fiabilité en encastré le justifie. Pour une réparation ponctuelle, le sertir reste plus économique à l'achat.
Les deux systèmes sont-ils autorisés en encastré ?
Oui, avec des raccords homologués pour l'encastrement. Le glissement est particulièrement apprécié en zone non visitable pour sa fiabilité sans joint. Le sertissage y est admis aussi, mais exige une rigueur absolue et un contrôle de chaque sertissage. Dans les deux cas, testez la jonction sous pression à découvert avant de reboucher.
Puis-je mélanger sertissage et glissement sur un réseau ?
Oui, rien n'empêche d'utiliser les deux systèmes sur un même réseau, chacun avec ses raccords et son outillage. On peut réserver le glissement aux jonctions encastrées critiques et le sertir aux parties accessibles. L'important est d'utiliser à chaque point des raccords homologués et compatibles avec le tube et la pince employés.
Quel système pour un débutant ?
Le sertissage est souvent plus accessible à l'achat et simple à comprendre, à condition de contrôler chaque sertissage sans en oublier. Le glissement, très fiable, demande un outillage un peu plus onéreux et une bonne dilatation du tube. Pour débuter sur des zones accessibles, le sertir permet de se faire la main à moindre coût.
Puis-je le faire moi-même sans risque ?
Oui pour les gestes simples décrits ici, à condition de couper l'eau (et l'électricité si un appareil est concerné) avant d'intervenir. Dès qu'il faut souder, toucher au gaz ou ouvrir un appareil sous garantie, confiez la suite à un professionnel : une erreur coûte souvent plus cher que l'intervention.
Combien de temps prend ce type d'intervention ?
Pour un bricoleur équipé, comptez de 30 minutes à 2 heures selon l'accessibilité et l'état des pièces. Un artisan expérimenté va deux à trois fois plus vite, diagnostic compris. Prévoyez toujours une marge : un raccord grippé ou une pièce introuvable peut rallonger l'opération.
Le geste est-il couvert par mon assurance habitation ?
L'assurance couvre les dégâts des eaux consécutifs (plafond du voisin, parquet gondolé), pas la réparation de la pièce d'origine ni l'usure normale. Conservez photos et factures : elles accélèrent l'indemnisation si la panne provoque un sinistre. En location, l'entretien courant revient au locataire.
Quelles marques de pièces privilégier ?
Restez sur des fabricants reconnus — Geberit, Grohe, Wirquin, Siamp, Watts, Comap — dont les pièces détachées restent disponibles des années. Une pièce premier prix se remplace souvent deux fois plus vite, et les cotes approximatives compliquent l'étanchéité. En magasin, apportez l'ancienne pièce pour comparer.
Faut-il couper l'eau avant d'intervenir ?
Oui, presque toujours : fermez le robinet d'arrêt local s'il existe, sinon la vanne générale au compteur. Ouvrez ensuite un robinet en point bas pour purger la pression résiduelle. Ce réflexe de 30 secondes évite la giclée au démontage et transforme une réparation simple en intervention sereine.
